Quand on lance sa micro-entreprise, on pense d'abord aux cotisations sociales. L'impôt sur le revenu vient ensuite, et il peut surprendre. Le versement libératoire (parfois appelé « prélèvement libératoire ») permet de payer cet impôt en même temps que vos cotisations, selon un pourcentage fixe de votre chiffre d'affaires. Voici comment il fonctionne.

Qu'est-ce que le versement libératoire ?

Par défaut, le bénéfice d'un micro-entrepreneur s'ajoute aux autres revenus du foyer et il est imposé selon le barème progressif de l'impôt sur le revenu. Avec le versement libératoire, vous choisissez de payer un petit pourcentage de votre chiffre d'affaires à l'Urssaf, chaque mois ou chaque trimestre. Cette somme règle l'impôt sur les revenus de votre activité : vous n'avez plus rien à payer dessus l'année suivante.

Deux points à retenir :

Pour comprendre les autres prélèvements de votre statut, consultez notre page sur les cotisations de la micro-entreprise.

Les taux selon votre activité

Le taux dépend de la nature de l'activité :

ActivitéTaux du versement libératoire
Vente de marchandises1 %
Prestations de services commerciales ou artisanales (BIC)1,7 %
Prestations de services et professions libérales (BNC)2,2 %

Si vous cumulez plusieurs activités, chacune est taxée à son propre taux.

Qui peut en bénéficier ?

Trois conditions doivent être réunies en même temps :

Le point de départ de cette option est donc l'éligibilité : vérifiez votre RFR avant de la demander.

Comment l'activer ?

Attention : nous sommes en octobre 2026, la date limite pour appliquer l'option dès 2027 est donc passée pour les micro-entrepreneurs déjà installés. Le prochain rendez-vous est le 30 septembre 2027, pour une application en 2028. Les nouveaux créateurs peuvent encore choisir l'option à l'inscription.

Si vous débutez, pensez aussi à l'ACRE, qui réduit vos cotisations sociales la première année.

Comment arrêter le versement libératoire ?

Le principe est symétrique : vous demandez la sortie à l'Urssaf avant le 30 septembre, pour un arrêt au 1ᵉʳ janvier suivant. Vous perdez aussi l'option automatiquement si votre revenu fiscal de référence dépasse le plafond, ou si vous quittez le régime micro.

Exemple chiffré avec deux activités

Imaginons une micro-entrepreneuse célibataire avec deux activités :

Calcul du versement libératoire :

Ajoutons les cotisations sociales aux taux normaux (12,3 % en vente, 25,6 % en BNC) :

Elle verse donc à l'Urssaf 6 830 € au total (cotisations 6 300 € + impôt 530 €).

Sans l'option, le revenu imposable serait calculé après abattement : 71 % sur la vente et 34 % sur le conseil, soit 5 800 € + 9 900 € = 15 700 €. C'est à ce montant que s'appliquerait son imposition en fonction du barème progressif de l'impôt sur le revenu.

Pour qui est-ce intéressant ?

Contrairement à une idée reçue, le versement libératoire n'est pas réservé aux foyers les plus imposés : dès que votre taux marginal d'imposition (TMI) dépasse 11 % — c'est-à-dire dès que vous payez un peu d'impôt sur le revenu — le versement libératoire devient généralement plus avantageux que le barème classique, car son taux fixe reste inférieur à l'impôt que vous paieriez sur le revenu net après abattement. À l'inverse, si votre foyer n'est pas imposable (TMI à 0 %), l'option est presque toujours défavorable : vous paieriez un impôt via le versement libératoire alors que vous n'en devriez aucun avec le barème progressif.

Simulez les deux scénarios avant de décider, ou demandez conseil à un expert-comptable ou à un conseiller en création d'entreprise.

Pour aller plus loin, utilisez directement le Simulateur, qui compare automatiquement les deux options selon votre situation.